Pages Insulaires

  • Accueil
  • > Donald Trump, vérité et imposture

23 novembre, 2016

Donald Trump, vérité et imposture

parterreverbal @ 12:01

Comme un nuage dans le ciel, chassé par d’autres nuages, celui de Trump s’est effacé devant ceux de la primaire de la droite française ! Un événement en balaie un autre et les journalistes courent ainsi de lune en lune, « blablatant sans fin », quitte à friser le ridicule en se répétant ou cherchant à reformuler ce qui l’a déjà été maintes fois. Mais ce constat n’est pas risible, ni même burlesque, ni admissible, dans le contexte actuel où la pauvreté, la famine, la destruction des acquis sociaux, la guerre, les migrants abandonnés à leur sort, concernent plus du quart de la population mondiale, sans compter les exploités de toutes sortes (l’esclavage sexuel, le travail forcé des enfants, des femmes, l’esclavage pour dette…). Ces personnes, ces êtres humains sont laissés pour compte au profit d’intérêts bien particuliers. Les organisations humanitaires, malgré toute leur utilité et leur efficacité lorsuq’elles ne sont pas empechées d’agir, ne font qu’aggraver le sort de ces populations et encouragent involontairement la poursuite infernale vers le profit, la spéculation et la mort. La charité, aussi juste soit-elle, n’a jamais résolu les problèmes de la pauvreté ! L’élection américaine sert de miroir à ce cycle destructeur de vie, comme on le voit en France avec ces tenants du libéralisme qu’ils soient de gauche ou de droite. La terre court au désastre, écologique, humain, mais la danse des « singes » télévisés continue.

L’imposture démocratique : peut-on croire en la démocratie américaine, lorsque celui qui vient d’être élu président des USA a obtenu moins de suffrages que sa rivale ? Est-ce un signe démocratique ? Comment ne pas comprendre que des manifestations aient (eu) lieu pour dénoncer cette injustice électorale ? Il est vrai que la constitution des Etats-Unis est ainsi rédigée que ce n’est pas le nombre de voix qui importe, mais le nombre de grands électeurs représentatifs de ces voix qui donne le vainqueur de l’élection ! Notons au passage, que 54 % des électeurs se sont déplacés pour voter, et qu’en conséquence, le Président élu n’a obtenu en tout et pour tout que 25 % des suffrages. Il va donc assurer la présidence d’un pays qui domine la monde, militairement et économiquement, en étant soutenu par le quart des électeurs. Ce constat n’est pas nouveau, puisque le même phénomène en France ou dans d’autres pays s’est produit. La possibilité de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle américaine est ouverte à tous, membres d’un parti ou non, seulement la démocratie s’arrête là ! Le processus électoral made in USA est tel qu’il ne s’agit pas pour un candidat d’obtenir les suffrages des électeurs mais de convaincre les partis traditionnels, les seuls qui soient représentés au Sénat et à la Chambre des Communes, démocrates et républicains, de la justesse de son programme pour être assuré de leur soutien. Un candidat du Parti des Ouvriers, par exemple, n’a aucune chance de voir sa candidature révélée au public, même avec un programme social et économique, écologique capable de résoudre certains problèmes présents dans la société. L’autre obstacle est financièr, sans appuis personnels ou sans une fortune personnelle ( Trump dispose de plus de 3 milliards de dollars) il est impossible à un candidat anonyme de passer le cap de la déclaration de candidature. La publicité, les frais de campagne, les déplacements, tout ce qui a trait à la course à la Maison Blanche ne peut se faire sans argent ! En France, ce processus n’est pas encore en marche, mais il tend à le devenir. L’organisation des primaires, à droite et à gauche, en est l’embryon. Gageons que dans l’esprit de certains responsables politiques (Hollande vient de changer la procédure de déclaration et d’homologation à l’investiture présidentielle pour que les petits partis soient moins présents durant la campagne) l’idée fait son chemin. A noter que dans de nombreux pays, les élections sont souvent truquées, tronquées, voire trafiquées : en Russie avec Poutine, dans certains pays africains ou arabes, en Turquie…) La démocratie est partout bafouée au nom du pouvoir, cette évidence appelle, comme le suggérait Octave Mirbeau, de ne plus aller voter !

L’imposture économique et sociale : quel programme chacun des candidats a-t-il élaboré ? Si l’un (Trump) disait, entre autres, dénoncer l’accord Obama Care, pour la protection des soins les plus démunis ; Hilary Clinton ne proposait aucune avancée sociale plus pertinente que celle mise en œuvre par le Président actuel (Obama). Les choix politiques pour renverser la courbe de la pauvreté sont absents. Le chômage, principale cause de l’appauvrissement généralisé des familles, n’a pas fait débat tout au long du processus électoral, et encore moins lors des rencontres télévisées, où les candidats se sont surtout invectivés comme dans une télé-réalité. Aux USA, le taux officiel du chômage est de 4%, mais il masque une précarité complète de plus de la moitié des travailleurs : « Le taux officiel est d’environ 5 %, soit celui rapporté par le calcul U-3 qui ne prend pas en compte les chômeurs qui ont abandonné leur quête d’un emploi par découragement. Le gouvernement américain dispose néanmoins d’un autre mode de calcul, l’U-6, qui prend en compte les travailleurs découragés depuis moins d’un an. Ce taux officiel est de 10 %. Si on prend en compte les chercheurs d’emploi découragés depuis plus d’un an, comme c’était le cas auparavant, le taux de chômage américain s’élève à 23 % (voir John Williams sur shadowstats.com) »*. Si l’on se réfère aux Etats-Unis, l’absence de prise en compte de ce fléau social peut être compris dans le sens où l’individualisme prévaut dans ce pays. D’ailleurs, Trump s’est étendu sur sa réussite personnelle sans aucun faux-semblant, ni pudeur. Mais en France, alors que l’on est encore loin d’Avril 2017, la campagne bat déjà son plein ! Les différentes primaires, droite, gauche, écologiste ne semblent pas dévoiler de programme ayant pour but la lutte contre la pauvreté ou la réduction du chômage. Pour l’instant, les programmes dévoilés ne portent pas en eux d’idées propres à bouleverser le paysage français. Le libéralisme fait l’unanimité. Pour en revenir aux Etats-Unis, sur le plan économique, il en va tout autrement. Effectivement, les deux candidats à l’élection américaine sont, l’un homme d’affaire, la seconde proche des financiers de Wall Street. L’économie libérale en vigueur aux USA a de beaux jours devant elle. Les Etats-Unis sont pour la liberté d’entreprendre et la préoccupation principale des élus est de continuer à mettre en œuvre ce principe sans changer une société basée sur le principe de l’argent et non sur le principe de la solidarité ou de l’entraide ! Les 48% d’abstentionnistes, pour une large part, n’ont sans doute pas ce point de vue mais ils ne peuvent exprimer leur choix qu’en s’abstenant. La mondialisation, dont les méfaits sont connus, sert uniquement des intérêts particuliers. Les conséquences écologiques, humaines sont désastreuses et considérables. Les alarmes lancées par les associations ou organisations non gouvernementales ne peuvent produire leurs effets car la main-mise des multinationales, dirigées par des hommes ou des femmes tel que Trump Donald, dont la promiscuité avec le pouvoir est avérée, pèsent de tout leur poids subversif et destructeur sur les décisions environnementales. La Coop 21 est une illusion malsaine et perverse car elle prétend ouvrir un espoir qui ne peut prendre forme sans une véritable révolution industrielle.

La vérité culturelle : la nomination à la tête de la présidence des USA ne relève pas d’un populisme particulier, comme il l’a été dit par des journalistes ou intervenants aussi incompétents que stériles dans leurs analyses, mais de l’inculture de la population américaine (celle d’autres pays est équivalente) ! En effet, que constate-t-on depuis deux, voire trois décennies ? Le libéralisme a détruit le lien collectif créé par le travail, en dénaturant totalement les liens entre les ouvriers, les mettant en concurrence comme si chacun d’eux était une micro-entreprise ! Je ne reviendrai pas sur les conséquences dévastatrices du libéralisme, car suffisamment de livres l’évoquent. A ce modèle économique est venu se greffer la révolution technologique avec l’apparition de l’ordinateur et d’internet, qui a accentué le phénomène du narcissisme, l’égoïsme, la contemplation de sa propre image. Ces forces ont induit une désaffection pour la culture en général, et le goût de l’analyse en particulier. Les axes fondamentaux de l’instruction se sont trouvés mis à mal par une baisse des effectifs des enseignants (en France), par des difficultés croissantes à donner une perspective d’avenir par l’école en raison du chômage de plus en plus important, de la précarité des parents… La société occidentale s’effondre peu à peu par délitement successif dans tous les secteurs capables de générer une conscience collective. Cette perspective est combattue avec outrance, démagogie et cynisme par les partis de droite ou sociaux-démocrates (exemple le Parti socialiste en France). A titre général, la réussite de Trump, de Le Pen et autres politiciens de cette sorte relève du manque de culture et de conscience politique de la plupart des gens ! La victoire de ces partis s’appuie sur le plus bas des sentiments humains : la jalousie ! Lorsque Trump, Le Pen ou Fillon (puisqu’il apparaît comme le chantre de la droite conservatrice) s’en prenne aux immigrés, aux fonctionnaires, aux syndicats, ce n’est pas pour offrir à la population une meilleure vie mais pour exploiter électoralement une rivalité entre ces différentes catégories. Pour un électeur, suffisamment éclairé, il comprendrait aisément qu’on le trompe sur ce sujet. La faute n’est pas aux immigrés, clandestins, syndicalistes, enseignants, infirmières mais bien aux hommes d’affaires et à ceux qui les soutiennent (de Marine Le Pen, en passant par Fillon, Juppé, Hollande, Valls et consorts…). D’où ce rejet de l’élection par un nombre de plus en plus croissant de personnes, lesquelles gardent en mémoire que la collectivité, l’entraide est la seule voie possible pour améliorer les conditions de vie de chacune et de chacun ! Cette déculturisation de la société trouve ses effets, ou ses leviers, dans la propagande individualiste de la classe dominante, financière et industrielle. Toutes les annonces politiques vont dans ce sens, plus de déréglementation, moins d’imposition fiscale (alors que c’est par ce biais que l’on rétablit la justice sociale), plus d’heures travaillées, moins d’allocations etc. Il est fort à craindre à l’heure où les télé-réalités, les élections de miss, les réseaux moins sociaux qu’il n’y paraît, que les nantis du grand capital aient de beaux jours devant eux ! Quand la culture reviendra dans les foyers, je veux dire, l’esprit critique et lucide, la conscience d’appartenir à une collectivité, alors l’espoir reviendra.

Imposture économique, sociale, démocratique ! Ceci n’est pas un vain mot mais bien une réalité qui dépasse le contexte américain, puisqu’en Russie, la caste Poutine contrôle le pays avec la même arrogance et le mode opératoire despotique le plus avancé, sous couvert de démocratie des urnes ! En Turquie, Erdogan avance vers la totale dictature. Et nul parmi les pays occidentaux n’essaie de l’en empêcher pour divers raisons, autant politiques, économiques que guerrières ! Le monde est en proie au libéralisme, à la persécution des travailleurs, de la Chine en passant par l’Afrique, l’Europe et le continent américain. Quant à la culture, elle n’est plus d’actualité et les résistants, qu’ils soient ceux des Indignés, d’Attac, des faucheurs d’OGM et de tant d’autres dans de nombreuses régions du Globe, n’ont pour toute arme que cette résistance face au rouleau compresseur des multinationales qui gouvernent le monde ! Mais celle-ci n’est pas une arme et n’empêche nullement la régression sociale et économique. Le choix démocratique est aujourd’hui fermé, phagocyté par les oligarques des partis (Front National compris pour ce qui concerne la France). Il ne reste à plus ou moins long terme que la révolution, dans la rue et non par les urnes !

Jean-Michel Bongiraud

* Article de Paul Craig de Février 2016 sur son blog

Laisser un commentaire

passionbulgarie |
aboubakry |
ECOLE NORMALE DE FILLES D'O... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La vie secrète des cactées
| RENNES STREET STYLE
| Ma classe maternelle 2008/2009