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11 juin, 2013

Emma Goldman, de l’amour et des bombes…

parterreverbal @ 10:05

Ce livre est paru aux Editions André Versaille en 2011 et j’ai choisi d’en parler à la suite du livre sur Voltairine de Cleyre en raison de leur proximité biographique mais aussi politique. C’étaient deux femmes différentes, mais proches dans leur combat quotidien et qui ont voué leur vie à l’anarchisme. Elles n’ont jamais différé de leur pensée politique malgré les aléas, les difficultés qu’elles rencontrèrent. Si elles ne furent guère en présence l’une de l’autre, leur estime était réciproque et un fait majeur de la lutte ouvrière allait éveiller en chacune d’elles cette nécessité de combattre le système capitalisme et de changer le monde par la lutte anarchiste et la propagation des idées de ce courant révolutionnaire. L’évènement majeur qui éveilla leur conscience à l’anarchisme fut le Massacre de Homestead à Chicago le 1er mai 1886.

Elles ne furent pas, ni l’une ni l’autre, des théoriciennes de l’anarchisme, comme Proudhon, Kropotkine ou Bakounine, mais leurs discours, leur présence, leur témoignage et leur implication furent autant de faits, d’actes justifiant leur importance dans la mouvance anarchiste actuelle.

Pour en revenir à ce livre écrit par Emma Goldman et traduit par Cathy Bernheim et Annette Lévy-Willard, celui-ci nous apprend son exil avec sa famille de la Russie où la pauvreté, la misère étaient immenses. Cette venue dans ce nouveau monde ne fut pas, toutefois, pour Emma Goldman la vie espérée puisque les conditions de travail étaient plus dures avec « une discipline de fer (…) et la surveillance du contremaître… ». Puis Emma Goldman fit peu à peu des rencontres, s’enthousiasma pour la cause anarchiste, lutta pour la libération des femmes, contre les inégalités sociales etc. Sa vie fut entièrement vouée à ces causes et si elle vécut de peu, elle ne baissa jamais les bras et malgré les emprisonnements, les séparations, les déceptions, Emma Goldman resta fidèle à ses principes et attaches anarchistes, sachant qu’ils étaient la seule issue pour offrir à l’humanité un monde vraiment nouveau. La plus grande déception fut sans aucun doute la révolution russe en Octobre 1917. Elle mit longtemps pour comprendre mais la révolte de Cronstadt fut en quelque sorte le détonateur puisque, à la suite de la « liquidation » des révoltés par ordre de Lénine, les anarchistes furent poursuivis partout dans le pays. Emma Goldman ne fut pas inquiéter, ainsi que ses amis, car ils étaient des personnages connus. Cela donnait l’impression que « seules les mauvais anarchistes étaient en prison ». Mais « le 1er décembre 1921 ! Dans le train, mes rêves écrasés, ma foi brisée, j’ai le cœur lourd comme une pierre… ». C’est par ces mots que s’achève le livre d’Emma Goldman mais aussi son rêve sur la révolution russe ! On lira aussi avec intérêt la postface qui apporte quelques éléments sur la bio-bibliographie d’Emma Goldman.

Je n’ai pas voulu détailler ce livre, car il est davantage autobiographique que fondamental pour la pensée anarchiste,  mais il est à découvrir, à lire car pour toutes celles et tous ceux, convaincus que la cause anarchiste est noble et porteuse d’avenir, ce livre en sera la parfaite illustration tout autant que celui de Voltairine de Cleyre auquel j’ai consacré un article sur ce même blog…

P.S. : Les traductrices de ce livre se justifient de certaines options, comme celles   » de ne pas traduire les chapitres  » dans lesquels Emma Goldman relate ses séjours en prison, ou de ne pas citer tous les personnages croisés dans sa vie.  Par ailleurs , elles déclarent avoir fait une adaptation « libre », ce qu’Emma Goldman « n’aurait pu nous reprocher », certes , j’en conviens ! Mais de dire qu’elle se serait enthousiasmée pour l’élection d’Obama, car bien qu’il soit le premier président noir des Etats-Unis, je ne crois pas qu’il porte en lui un soupçon d’anarchisme ! Emma Goldman ne s’y serait pas trompée ! Cette légère euphorie est toute pardonnée pour l’intérêt politique et historique qu’Annette Lévy-Williard et Cathy Bernheim ont su donner au lecteur que je suis !

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