Pages Insulaires

11 mai, 2016

La religion tue !

parterreverbal @ 12:54

Aussi loin que l’on remonte dans le temps, la croyance est un fait avéré dans l’esprit de l’homme. Les explications peuvent être multiples, mais l’inconnu a favorisé l’apparition de dieux. En effet, qu’y a-t-il de plus naturel, voire d’élémentaire, que d’invoquer des entités célestes lorsque des phénomènes, tels que l’orage, la foudre, les avalanches, les pluies torrentielles, se sont manifestés aux premiers hommes, prenant conscience de leur peur !? Mais il est important de dire également que ces croyances avaient comme fonction, indirecte et inconsciente, de relativiser la place de l’homme dans la nature ! Mais le sujet n’est pas si simple, car la religion, malgré de justes préceptes (entraide, respect du prochain, modestie…), a contribué à l’asservissement de l’humanité.Les croyances sont devenues des institutions au service du pouvoir, et les religions, à divers titres, par leurs représentants, ont participé voire pris une part prépondérante dans la conduite des affaires publiques. On aurait pu croire que la science aurait apporté une raison qui faisait défaut aux hommes afin de redonner la juste place aux croyances. Mais rien de tout cela n’a été possible en raison des résistances, non seulement des dirigeants des diverses communautés religieuses, mais également des politiciens lesquels avaient pour objectif de maintenir la population dans un état de dépendance psychique et spirituelle, puisque celle-ci les liait à ce que la préhistoire avait développé.

Il fut, pourtant, une époque pas si lointaine, après la guerre de 1940, où la religion semblait avoir perdu de son aura, non pas grâce au progrès technique, même si celui-ci a favorisé l’émancipation des certaines classes sociales, mais parce que le citoyen avait acquis une dimension critique de son état de subordination. Cette période a permis l’émergence de libertés dans l’expression, à la fois corporelle, artistique et intellectuelle, et mai 68 en a été l’aboutissement. A noter que lors de la révolution de 1789, une tentative de déchristianisation de la France fut entreprise, avec, entre autres mesures, l’adoption du calendrier républicain, la possibilité pour une commune de renoncer au culte chrétien ou la soumission des prêtres au Concordat civil. Cette tentative d’éradication de la religion avorta pour maintes raisons. La croyance aux superstitions encore très vive au sein de la population, l’influence notable du clergé et sa résistance malgré les agressions des révolutionnaires et le grand dénuement moral et physique de la plupart des villageois furent les principaux écueils à cette soumission de la religion au pouvoir civil. Bien entendu, la loi de 1905 a établi avec clarté la séparation de l’église et de l’Etat, sans toutefois empêcher les représentants ecclésiastiques de continuer à peser sur les décisions des pouvoirs publiques. La religion fait partie de la psychologie humaine et la main-mise ainsi que la présence d’organisations religieuses, respectées, écoutées par le pouvoir est une barrière, un frein, un obstacle à la libération de l’esprit de l’homme de ses superstitions.

Mais tout ceci serait sans conséquence, si les croyances n’avaient pas drainé avec elles, le malheur, la mort, la torture, l’intolérance. On connait la nocivité de la religion : le temps des croisades, celui de l’Inquisition, aujourd’hui le fanatisme musulman qui détruit l’entraide sociale, privée, ou ces crimes perpétrés sur des enfants par des curés sexuellement frustrés ! Au-delà de tout ce qui est entrepris au nom de la religion, comme la guerre de l’Israël contre les Palestiniens, des catholiques contre les chamans africains, des musulmans radicaux contre des musulmans tolérants, la religion par sa prise de pouvoir sur les esprits, puis sur la manière de mener les affaires publiques, a profondément distendu les relations humaines. Quel remède, quelle tentative pour retrouver une certaine fraternité entre les hommes alors, que dans un même quartier, la religion exclut les uns et les autres pour des préceptes insensés et indignes de la vie dans une communauté humaine ? L’apprentissage libre, éclairée et lucide de la vie de l’homme depuis son apparition jusqu’à aujourd’hui, au regard des découvertes scientifiques et anthropoligiques, serait une chose essentielle, en nommant les religions pour ce qu’elles sont et non pour ce qu’elles voudraient être. Mais pour cela, il faut donner la priorité à la critique, d’une part par la réhabilitation des exercices de réflexion, au travers de la philosophie, de la sociologie, et d’autre part en donnant à l’instruction publique sa place pleine et entière de soutien à l’émancipation de l’enfant, quelle que soit son origine, pour permettre son développement intellectuel, psychique et physique, hors de toutes contraintes. Ceci ne peut advenir que par un changement complet de société en redonnant à l’homme et à la nature, avec laquelle il est lié indubitablement à la vie et à la mort, la place centrale qui doit être la leur avant que le capitalisme n’ait tout détruit et que la religion n’ait tout tué !

 

AL)

Laisser un commentaire

passionbulgarie |
aboubakry |
ECOLE NORMALE DE FILLES D'O... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La vie secrète des cactées
| RENNES STREET STYLE
| Ma classe maternelle 2008/2009