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9 février, 2014

La violence des riches, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Editions Zones. Prix 17 euros.

parterreverbal @ 20:08

Je lisais récemment à propos des Pussy-Riot que ce qu’elles voudraient changer en premier dans leur pays, ce serait les conditions de détention de leurs concitoyennes. Leur souhait est compréhensif compte tenu de ce qui se passe dans les prisons russes. Mais est-ce suffisant de créer une nouvelle association pour que les détenues aient plus de considération de la part de leurs geôliers ? Le mal russe est le miroir de notre mal, qu’il soit communiste ou poutinien, il a le visage de l’exploitation de l’homme. Et c’est bien ce mal qu’il faut combattre, à la racine ! Celle-ci est dans le capitalisme, dans son outrance faisant des ravages dans toutes les catégories sociales, parmi les hommes et les femmes, mais également chez les jeunes. Récemment une étude a montré que près des de 15% des jeunes filles de l’âge de 15 ans avaient effectué une tentative de suicide. C’est un cri d’alarme lancé par les médecins ! Pour en connaître les causes, il ne faut pas être devin, même si chaque cas peut être particulier. Le mal-être touche profondément notre société, de par sa violence et celle-ci est le fait des riches, comme le démontre avec autorité Michel et Monique Pinçon, dans leur livre précité. Leur ouvrage est très documenté, soit par la recherche de sources fiables sur internet ou d’autres médias, soit de part leur propre expérience de sociologues. La stratégie des riches, des patrons, des politiciens à leur solde, eux-mêmes appartenant à cette classe, est simple et arrogante : elle consiste à trouver des boucs émissaires au malheur des pauvres d’une part, et surtout à s’arroger le droit d’être au-dessus des lois, d’autre part ! Nul ne s’étonne plus de la manière de procéder des patrons quant au sort des ouvriers, jetables du jour au lendemain. L’exemple de la société Lenoir et Mernier reprise par Philippe Jarlot « le tapie des Ardennes » ! Mais que penser également de ce fonds d’investissement américain, Catalina, qui a littéralement dépecé une entreprise ardennaise Thomé-Génot, poursuivi par la justice française mais dont la Ministre de la Justice Taubira considère qu’il s’agit là d’une affaire de droit privé pour ne pas avoir à demander l’extradition des deux coupables américains ! Mais que pourraient faire tous ces patrons sans la complicité des institutions, des politiques et il faut l’avouer, sans la crédulité d’une bonne partie de la population, qu’elle fasse partie des clases moyennes ou pauvres !? « Moins d’un millier de dossiers sont transmis chaque année au parquer par Bercy, soit 2% des contrôles fiscaux approfondis effectués » !!, écrivent les auteurs. Cette « délinquance des riches », rarement sanctionnée, fait pendant à celle des pauvres pour lesquels la justice a trouvé « la comparution immédiate » ! Ainsi pas de procès, pas d’avocats, seulement ceux commis d’office, et une sanction immédiate sur laquelle le prévenu est sans recours ! Car il ne faut pas oublier que « la classe (des riches) est extraordinairement puissante, dans sa cohérence nationale et internationale et sa mainmise sur tous les postes qui donnent à (son) action une efficacité redoutable », ce dont ne peut se prévaloir la classe pauvre, ni même moyenne. Il est nécessaire de préciser que sans la très grande complicité des politiciens qu’ils soient de droite ou de gauche. En effet, par exemple, « l’accord du 11 janvier 2013, dit, par antiphrase, de sécurisation de l’emploi, a été signé par le MEDEF et la CFDT, CFE-CGC et CTFC, qui ne représente que 38% des salariés », mais le plus grave est que « le gouvernement socialiste a en outre décidé de faire de cet accord minoritaire une loi » ! Le leitmotiv actuel est ainsi de dire que les riches sont utiles et les travailleurs « des charges à réduire ». « Le discours économique est (ainsi) devenu pervers : ce sont les riches qui seraient menacés par l’avidité d’un peuple dont les « coûts », c’est-à-dire les salaires et les protections sociales deviendraient insupportables ». Ce renversement des rôles ne peut être possible que grâce à ces complicités tacites des politiciens, mais aussi des médias et de l’insuffisance de réflexion de la majeure partie de la population se contentant de reprendre les litanies scandées à longueur d’antenne ou de journaux par les « bien-pensants » (Les éditocrates, collectif, Edition La découverte ). L’intérêt des dominants est d’être « perçus comme des êtres d’exception ». Ils font montre en toutes circonstances de leur savoir, de leur paraître mais qui ne repose que sur leur richesse et leurs relations. On peut dire qu’ils ont eu la chance d’être bien nés et que leur arrogance s’inscrit dans cette peur d’être dépossédés de leur droit de domination et surtout la satisfaction de leurs propres besoins. Comme l’écrivent fort justement les auteurs : « Sous l’appât de l’emploi, le capitalisme s’insinue dans nos vies, à travers un discours infantilisant qui fait de l’employeur un bienfaiteur ». Ce discours est aussi doublé de perversité car « les politiciens de droite comme de gauche détournent le sens des mots, inversent les valeurs morales, ayant compris ce que le pouvoir doit à la dégradation du langage et à la paralysie de la pensée » (voir « De la nécessité d’écrire pour changer le monde », JM Bongiraud, Edition Edilivre). Effectivement, tout est fait, entretenu, géré pour que les artifices les plus grossiers et les plus retords soient employés pour que les riches parviennent à leurs fins, c’est-à-dire celles de remodeler l’esclavage pour leur plus grand profit. Cette domination qu’exercent les riches se situe à tous les niveaux : politique, sociologique, architectural, culturel etc. Il n’est pas un lieu, un endroit où les capitalistes montent leur puissance, et s’arrangent pour monter toutes la faiblesse de leurs opposants. De ce livre, où les exemples foisonnent pour montrer cette domination, il ne sert à rien de le faire lire à un riche, car je gage qu’il sera flatté qu’on lui accorde tant de puissance mais contrit qu’il soit l’objet d’un si négatif, et pourtant si juste portrait. Il est donc à mettre à mettre entre les mains des plus faibles, des pauvres, des moins pauvres etc., entre les mains de ceux qui doutent encore de leur dépendance et de leur impuissance. Car « Il n’y a pas d’autre solution que de rompre avec un capitalisme devenu irresponsable… », même si « L’idée d’un changement radical peut faire peur… » ! Et cette radicalité dans le changement doit être collective et forte de ses certitudes, que rien n’est à jamais déterminé. L’anarchisme est un postulat vers lequel doit tendre la société. La lucidité et l’honnêteté seront nécessaires a contrario de ce dont les riches font preuve : bassesse, et fourberie !

Une Réponse à “La violence des riches, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Editions Zones. Prix 17 euros.”

  1. courtier dit :

    sensationnelle post, merci beaucoup.
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