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9 décembre, 2015

L’écho des pavés

parterreverbal @ 15:06

Le peuple a perdu ses rêves, le peuple n’est plus ! Pourtant, il est là, mais absent, caché, aphone, avec si peu d’espoir qu’il n’ose même plus se faire entendre. Ce ne sont pas les derniers évènements ou les ultimes mesures gouvernementales qui feront oublier la mélancolie populaire, car le mal est plus profond, plus enraciné dans l’esprit de ceux qui ne croient plus en rien, pas même en un au-delà chimérique. D’ailleurs que reste-il de la République et des mots gravés au fronton de chaque mairie ? Le peuple ne participe plus aux élections, car ce ne sont pas les quelques millions de voix qui le définissent et sont susceptibles de le représenter. Il ne reste rien au peuple que son attente, peut-être longue, douloureuse, terrible, mais il viendra le jour où il se mettra en marche contre le pouvoir despotique que font régner les politiciens à la botte des financiers, industriels et cléricaux de tous horizons !

Peu à peu, partout dans le monde, malgré les révoltes, les indignations, les résistances de toutes sortes, le sacro-saint libéralisme a continué sa marche en avant pour mieux briser toute vélléité révolutionaire. Cette avancé n’aurait pas été possible sans la connivence honteuse des politiciens de tous bords, utilisant ça et là les communautés, religieuses, civiles pour opposer les différentes composantes de la société. Mais tout cela, chacun le sait, chacun le voit et si l’un d’entre vous l’ignore, il ne peut qu’être aveuglé par les médias portant au plus haut l’étendart du capitalisme. Ceux-ci également ont une lourde part de responsabilité, mais il faut avouer que la toile médiatique tissée par la bourgoisie capitaliste est si étendue, qu’il est difficile d’y échapper. Et dans ce cas, il faut faire un effort considérable sur soi-même pour éloigner de son esprit la mauvaise propagande diffusée par ses journalistes serviles et aussi incultes que dangereux.

Alors que reste-t-il aujourd’hui de ces mots dont la classe politique psalmodie les lettres dès qu’un événement dramatique survient, pour faire oublier leur totale responsabilité dans ce que la société doit subir, tant sur le plan social qu’humanitaire ! La liberté, mais qu’est-elle aujourd’hui et que sait-on d’elle ? Elle est devenue un mot si torturé, abstrait, creux que nul ne sait plus la définir. La liberté, ce pourrait être le bonheur pour tous, celui de vivre pleinement, sans servilité, sans souffrance, sans traumatisme d’où qu’il vienne ! Et l’égalité, ce pourrait être la jouissance des biens naturels : manger, s’abriter, respirer un air sain… Ces besoins élémentaires, fondamentaux, dont plusieurs millions d’humains en sont privés. La fraternité, ce pourrait être le partage, celui du travail, non pour asseoir sa domination sur autrui, mais pour satisfaire les nécessités fondamentales dont l’homme a besoin !

Liberté, égalité, fraternité, que demeure-t-il de leur étymologie, de leur puissance évocatrice, de leur férocité révolutionaire, de l’espoir qui revêtait chacun de ces mots ? Tout a été dépecé, méthodiquement, savamment tel un charognard qui se repaît des morceaux de chair sur une dépouille encore chaude, par le Pouvoir, ces pouvoirs qui gouvernent le monde, qui s’en sont rassasiés jusqu’à présenter un monde squelettique, décharné, agonisant. Aujourd’hui, ils nous les donnent en pâture recouvrant leurs actions d’un voile d’illusions, de sortilèges, de mensonges que les plus faibles, les plus naïfs, les plus démunis croient sans mot dire.

Mais où est le peuple ? Ce peule qui fait silence, marche tête baissée, le front si bas que ses yeux ne peuvent plus rien voir. Malgré ses rebiffades, le pouvoir la contraint, pour l’instant, a resté sur son pas de porte. A croire que le peuple s’est volontairement passé une camisole de façon à ne plus pouvoir agir, demeurant au pied du maître tel un toutou auquel on a dit de ne pas bouger ! Feint-il, ou n’entend-il pas véritabement les trépidations de sa carcasse, les sanglots de son esprit ? Car aujourd’hui, les maux qui recouvrent la planète, le Pouvoir s’en arrange et ne souhaite pas y apporter une réponse claire et durable. Pourtant il doit savoir, ce peuple de l’attente, du désespoir que tout cela ne peut durer, et qu’il devra tôt ou tard se lancer dans le combat.

IL faut se convaincre qu’il ne faut plus de dieu, plus de maître, que le peuple les représente tous deux et mieux que n’importe quel pouvoir ou spiritualité ! Ce jour, ceux qui nous gouvernent veulent nous faire croire, qu’en dehors d’eux, nul salut ! Mais il ne faut pas le croire. Il n’est pas d’utopie qui ne se réalise, car ce n’est que la peur d’être qui entrave la marche du peuple !

Face aux pouvoirs honteux de la bourgeoisie capitaliste et de ses épigones, aux monstres extrêmistes qu’elle a enfantés, politique et religieux, la seule réponse est de redonner à ces mots, Liberté, Egalité, Fraternité, l’écho des pavés que les pieds des femmes et des hommes taperont avec l’espoir revenu !

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