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Presqu’île
Ni larme ni lumière un mot ruisselant l’humanité rappelée sur chaque page une autre terre plus près du corps la vie avec la mort le crépuscule entend le désastre tant de choses terribles devant les yeux d’immenses vagues creusant le fond de l’oreille plus loin l’espace l’approche de la réalité la forme au-devant de l’être le cœur qui se déplace entre les lignes quelque rocaille sur laquelle le doigt laisse une empreinte et la poitrine enfin qui s’ouvre et qui réclame plus de souffles les jambes qui dansent d’île en île la voix venue de l’archipel la main oubliée entre le désir et la lettre l’arbre tend son écorce à l’amour puis l’homme se rapetisse et l’ivresse lui tient au ventre pas de rire sous la table une spirale pénétrant la gorge la demeure qui écoute le pas qui ne veut rien conclure…
Les frontières avaient les doigts noués
Quelques passants contournaient les maisons
Le soleil triturait les nuages
Personne n’avait plus de croyance
Une sonnerie résonnait dans les vallées
Les toits flottaient au-dessus des yeux
Un garde appuya sur la détente
Des mouchoirs sortirent des poches rouges
L’adieu fut inutile entre les arrivants et ceux qui restaient
La lune avait quitté le chemin
Aucune fleur ne respirait plus