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24 octobre, 2018

Quel choix de société ?

parterreverbal @ 13:24

Quel choix de société ? JMB

 

Certains dirigeants politiques laissent entendre que le choix de société ne se résumerait qu’à une alternative libérale-libérale ou libérale-fasciste ! Cette manière de voir, une façon tranchée de clore le débat, est totalement infondée et civiquement monstrueuse. Cette idée est partagée autant par des personnalités en charge de la gestion du pays que des médias lesquels jurent à longueur d’antenne que leur parole est libre ! Mais outre ce constat, pouvons-nous raisonnablement répondre à cette question dans le seul contexte de la société française actuelle, étant donné l’aspect mondialisé découlant du libéralisme aux politiques néfastes et anxiogènes, responsables des problèmes environnementaux et des situations de conflits dans plusieurs pays orchestrés par les dirigeants occidentaux, colporteurs de cet esprit capitaliste ? La réponse est non, bien entendu, car nous ne pouvons échapper à cette problématique et il serait vain de faire fi de ce constat pour élaborer un choix de société cohérent avec plus d’humanité. Cependant, la Révolution de 1789 fut un exemple pour le monde, et si une seconde révolution éclatait en France, gageons qu’elle aurait le même retentissement qu’à l’époque, à condition que cette-fois ci ce ne soit pas encore la bourgeoisie qui la prenne à son compte ! Pour en revenir à la situation présente, remarquons la déliquescence dans laquelle se trouve la société, que ce soit dans le secteur de la santé, de l’éducation, des transports, de l’audiovisuel, de la culture… En aparté, il est significatif également de constater la judiciarisation du pays à l’image de ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, exprimant par ce renforcement de la saisie judiciaire, l’impossibilité de régler un conflit par la conciliation directe voire par la simple mise en relation de deux individus. Enfin l’information en continue, doublée de l’effervescence d’internet avec Twitter, Facebook etc., contribue à l’évaporation de la pensée critique, en clair du temps de la réflexion. Ces quelques constatations, sans être exhaustives, démontrent la forme de plus en plus obsolète dans laquelle le monde vit. L’avenir n’est pas dans le capitalisme, ni dans son avatar, le libéralisme, mais bien dans une sauvegarde des conquêtes sociales, d’une part, et dans l’élaboration de nouvelles formes de vie collectives, d’autre part.

Les causes de cette dégradation des conditions de vie, constatées sur tous les continents, sont connues, mais le plus souvent ignorées ou passées sous silence par les médias (même si certains reportages existent ou en font état) alors que de nombreux livres, soumis à la loi du silence ou à la censure partagée, dénoncent cet univers dramatique dans lequel vivent de millions de gens. Le monde est tiré vers le bas, tant sur le plan culturel qu’alimentaire, que ce soit dans les pays du Nord, du Sud et d’ailleurs ! Dans les pays africains, la plupart des populations sont disloquées, soumises à des oligarchies corrompues ou à des groupes extrémistes religieux. La première forme de colonisation, par les armées étrangères et l’imposition de codes occidentaux, a été enrayée grâce à la révolte des peuples de ces pays, mais une nouvelle colonisation est née, liée à la mondialisation. Celle-ci a disloqué le rêve d’indépendance et de développement de ces populations. Si la première fut néfaste, la seconde l’est davantage, car elle est insidieuse et sans scrupules. Elle est destructrice des modes de vie, des cultures, et de la terre. Ces pays subissent de plein fouet les effets négatifs de la mondialisation en raison de leur faiblesse politique, de leur pauvreté et de la duperie de leurs dirigeants et de celle des sociétés multinationales. Face à ce phénomène sans précédent, ces peuples n’ont rien pour se défendre, d’autant que leur sort ne dépend pas d’eux mais de groupes financiers manœuvrant à leur désavantage dans de lointains pays ! Ils n’ont pas un ennemi en face d’eux, casqué, armé, mais des bureaux installés aux quatre coins du monde et qui, de là-bas, disposent de leur corps, de leur esprit, et de leur vie !

Il ne faut pas croire que les populations des pays d’Europe, d’Amérique, de Chine ou d’Inde, soient mieux traitées. Bien au contraire, elles subissent ces politiques régressives et dangereuses. Certes, pour certains de ces peuples, le développement technique et le niveau de vie masquent, (mais pour combien de temps encore ?), l’éclatement de la sphère sociétale en autant de communautés se refermant sur elles-mêmes, avec toutes les dérives que cela peut engendrer. Malgré les appels d’associations, de groupes appartenant à la société civile, les politiques libérales continuent de s’appliquer avec de plus en plus de force et de hargne à l’égard de celles et ceux qui veulent résister ! L’arrivée au pouvoir de partis autoritaires ou fascistes résulte bien évidemment de ces contraintes exercées sur les populations lesquelles, aveuglées par les discours lénifiants rejetant la faute sur « l’étranger », croient qu’un retour sur soi est la seule solution possible et imaginable. Pourtant, il faut bien admettre, et ce, malgré le déni des dirigeants politiques soutenus en cela par les responsables des multinationales, que cette caste capitaliste préfère au pouvoir des individus fascistes mais dévoués à la cause libérale plutôt que des hommes rejetant cette doctrine économique et politique. Le libéralisme est une idée destructrice autant pour les êtres humains que pour la nature. Malgré cela, les tenants de ce système se retranchent, sans l’avouer ouvertement, sur le fait qu’une solution sera toujours trouvée pour continuer à aller de l’avant ! La défense du progrès devient de plus en plus difficile, car elle n’apporte plus de bien-être ni ne contribue à l’épanouissement des peuples. Bien au contraire, elle crée le vide et l’inculture, le monstrueux et la terreur, le fanatisme et la mort !

Cette destruction n’aurait-elle pas pu être évitée ou atténuée si la gauche, disons plutôt le parti socialiste, lorsqu’il prit le pouvoir en 1981 ne s’était pas laissé corrompre par la finance et le diktat des multinationales. Le libéralisme, depuis 1974, accentuait sa pression sur la sphère politique et contre ce pouvoir il aurait fallu un véritable gouvernement de gauche à l’esprit conquérant. Mais ce parti et son meneur voulaient le pouvoir, non pour le rendre au peuple mais pour se l’accaparer ! Nous savons avec certitude que la parole retord et fausse de Mitterrand a permis de faire advenir le Front National dans le paysage politique ! Puis les années succédèrent aux années de pouvoir du parti socialiste qui crucifia petit à petit les avancées sociales conquises après la guerre. Il se rangea à l’avis du marché financier ainsi qu’à Bruxelles devenant au fil des ans la courroie de transmission du grand capital. Ce n’était plus alors que mascarade, complot, désillusion, chantage et la droite, prenant le pouvoir au gré des alternances électorales, ne faisait qu’œuvrer dans la continuité des socialistes. Bien entendu, même aujourd’hui, les socialistes s’en défendent et ne veulent pas admettre qu’ils se sont soumis aux lois de la jungle libérale. Le pire a été évité grâce à eux, disent-ils et cette affirmation a l’effet d’un mot de passe qu’ils colportent au gré des désillusions de la société. Cette période, de 1974 à 2008, a été celle où les idées nationalistes ont pénétré toutes les couches de la société. On peut l’affirmer sans aucun doute possible que les socialistes sont à la fois les démiurges du Front National et les plus sûrs apôtres du libéralisme.

Quant aux communistes, accrochés aux socialistes sur la base du programme commun, ils se sont au cours des décennies, enlisés dans leurs contradictions, oubliant que le marxisme n’est pas une dictature du peuple mais la mise en commun des biens ! Dès lors qu’ils constatèrent que les socialistes se soumettaient aux lois du marché, ils quittèrent le gouvernement mais perdirent tout crédit auprès de la population faute de n’avoir pas su dépasser leur capacité à s’extirper de leur cadre figé du communisme étatique. Ils ont regardé en spectateurs moribonds la société se métamorphoser, passer de la lutte des classes à un repli identitaire, en individus sortis de tout contexte historique, voire de tout passé. Aujourd’hui, que reste-t-il de la gauche si ce terme a encore un sens précis. Quelles forces sont présentes ? Les communistes tendent désespérément d’opérer leur mutation mais leur dogmatisme les enferme dans leurs préjugés vis-à-vis d’autres forces politiques avec lesquelles ils pourraient tenter d’élaborer un programme pour une nouvelle société. Les prochaines années seront déterminantes pour ce parti qui risque la scission si la base n’œuvre pas pour ouvrir leur porte à d’autres courants de pensée comme la décroissance ou l’écologie par exemple.

Le mouvement La France Insoumise, par la « grâce » de l’élocution de son représentant Jean-Luc Mélenchon, a su fidéliser nombre d’électeurs. Le programme de ce mouvement est cohérent et porteur d’espoir. On peut reprocher la continuité dans la confiance au progrès, alors qu’il faudrait l’envisager sous un autre angle, sinon celui de la décroissance, celui de la réorientation vers l’épanouissement de l’individu et non sa sujétion à de nouveaux besoins ! Il faut reconnaître à son porte-parole sa réflexion, son changement d’orientation puisqu’il est venu à l’écologie, tardivement, mais il l’a comprise, et a entrepris un changement de pensée quant à l’évolution de la société en particulier et de l’Europe en général. Mais ce mouvement en prenant le pouvoir, appliquera-t-il son programme ? Ses membres se conduiront-ils comme les socialistes de 1981 ou auraient-ils cette volonté de changer la donne politique et de mettre un terme tant au fléau nationaliste qu’à la terreur libérale  ? La question peut être posée et lorsque cela adviendra, et si cela advient, nous devrons être vigilants.

Après ce constat, il est nécessaire d’entrevoir des solutions à cette crise majeure que subissent autant les citoyens français ou européens par les politiques libérales que les peuples de la planète soumis au même régime avec les conséquences désastreuses sur l’environnement que l’on sait. Deux solutions évidentes en ce qui concerne la France sont à envisager ; d’une part, la victoire par les urnes d’un parti œuvrant pour le bien du peuple, s’opposant au libéralisme et prenant conscience de la nécessité d’une décroissance industrielle, et d’autre part, par un soulèvement populaire rassemblant toutes les forces persécutées de la nation. Aujourd’hui, nombre de femmes et d’hommes ne pensent plus qu’à leur survie, leur solidarité se liquéfiant avec les mesures anti-démocratiques et le retrait de l’État qui contribuait à faire perdurer l’égalité entre tous les citoyens par la redistribution des richesses. L’État est nécessaire en tant que pourvoyeur de l’égalité, en tant que garant de la fraternité, voire de la liberté mais pour combien de temps encore dès lors qu’un gouvernement autoritaire, voire dictatorial aura pris le pouvoir ?

Dans le cas d’une victoire par les élections, il semblerait que le mouvement de la France insoumise soit le plus à même de faire échec à la politique libérale menée par les différents gouvernements de gauche ou de droite depuis 30 ans. Mais ce mouvement au-delà des contradictions qui peuvent apparaître en son sein a-t-il suffisamment de cohérence et de volonté pour ne pas sombrer comme le parti Syriza avec son leader Tsipras face à l’hégémonie de la finance européenne, voire mondiale ? Cependant, le paysage actuel des pays européens montre que les partis xénophobes ou nationalistes gagnent du terrain et parviennent dans plusieurs pays à gouverner. Il faut bien voir que cette menace, si elle s’affirmait dans la durée, serait catastrophique à la fois pour les pays et pour les peuples qui les composent. Par ailleurs, un parti appelant à la solidarité, à l’élévation intellectuelle peut-il raisonnablement finir par arriver au pouvoir quand la plupart des médias ancrés à droite et appartenant à des industriels libéraux, se révèlent être des supporteurs du libéralisme, et par-delà leur bras droit médiatique et électoral ! L’espace politique est donc réduit, et il n’est pas absurde ni même provocateur qu’outre le libéralisme, la gauche au pouvoir quel que fut son nom : socialiste, social-démocrate etc. est responsable de ce déclin social comme de ce désastre environnemental et économique, comme nous l’avons écrit. La leçon ne semble pas avoir été comprise par ces partis ou par ceux qui les ont dirigés et les dirigent encore. Pour eux, la seule voie efficace est celle qu’ils ont choisie : la destruction des services publics, la mise en concurrence des travailleurs, la libre circulation du capital, le soutien à des guerres. Aujourd’hui ces pays soumis à des conflits perpétrés par les occidentaux sont la proie facile pour des factions religieuses qui s’érigent en défenseurs de leur communauté.

Il nous faut donc à présent proposer quelques solutions ou pistes pour faire advenir un monde meilleur. Mais elles seront non exhaustives et non détaillées, car il ne s’agit pas d’un programme politique mais d’énumérer ce qui devrait être fait pour que la société soit plus égalitaire, libre et fraternelle ! La logique qui prévaut actuellement est comme nous l’avons vu la financiarisation de la société. Il importe donc de modifier ce rapport de force en rendant invulnérable les capacités financières d’un pays face à l’agressivité des banques et d’autres organismes financiers. Ce changement ne peut intervenir d’une part, que par un contrôle effectif des flux financiers, d’autre part, par la nationalisation des organismes bancaires du pays. Certes ces mesures ne seront pas suffisantes, mais ce sont les premières décisions à prendre, car la réaction des marchés financiers mais aussi, sans sous estimer celle du peuple qui souffrira dans un premier temps des conséquences de ces décisions (rareté de l’argent, dévaluation de la monnaie, difficulté d’approvisionnement….) seront certainement d’une ampleur spectaculaire et inédite. Certains économistes ont détaillé les mesures à prendre afin de rompre le lien entre l’économie et la finance.

Les autres mesures que nous préconisons sont en premier lieu la gratuité. Cette gratuité s’entend pour tous les secteurs sensibles : transport, éducation, santé, eau, énergie etc. Il sera donc urgent de mettre en place les structures nécessaires pour assurer cette gratuité. Elle aura pour conséquence de permettre la réduction de la pollution par l’utilisation des transports publics. La gratuité dans les écoles, les universités, de la maternelle aux écoles post-bac permettra de redonner un souffle à l’égalité citoyenne. La nationalisation de toutes les écoles privées, y compris religieuses devra être effectuée. Toutefois, toutes les gratuités envisageables ne doivent pas hégémoniques ou coercitives mais souples et vivantes. Il existe actuellement des exemples de gratuité, et ces modèles permettent aux populations concernées de vivre autrement et d’appréhender la vie en société sous une autre forme. La nationalisation des entreprises ayant des intérêts multinationaux ne doit pas entraîner un capitalisme d’État mais être le fruit d’un juste équilibre entre les citoyens et le pouvoir. Il est évident par ailleurs que toute entreprise artisanale ou plus élaborée demeurera dans la sphère privée.

L’agriculture biologique est la priorité. Elle ne peut se faire sans un réaménagement des surfaces agricoles, sans la mise sous tutelle communale des surfaces accaparées par des pays ou des consortiums nationaux ou étrangers. Les cultures vivrières, maraîchères seront complémentaires aux besoins de premières nécessité tant des personnes que des animaux. Les terres accaparées par des entreprises devront être récupérées sans indemnisation et les commerces réintégrés dans les centres-villes.

Internet est actuellement une source de profits de quelques multinationales qui ont un monopole entier sur la sphère de communication et qui opèrent sans contrôle. L’interdiction totale de la publicité et le contrôle des flux internet devront être organisés afin de rendre libre cet espace.

La laïcité est aujourd’hui mise à l’épreuve, d’une part par le poids des institutions internationales et du caractère particulier de la république française et d’autre part, par le communautarisme religieux. Ainsi il va de soi qu’il faudra que la religion, sans interdire sa pratique, retourne à la sphère privée d’où elle ne devrait pas sortir. Les lieux de culte sont prévus à cet effet, en conséquence dans la sphère publique aucune démonstration ni signes distinctifs ne seront permis.

La médecine est désormais devenue une technique permettant de faciliter les interventions médicales en vu de soigner les personnes, mais elle fait maintenant l’objet de dérives en vue de la satisfaction de désirs particuliers. Il sera nécessaire de restreindre ce champ technique médical à la seule voie de la guérison des maladies et non à la soumission de la volonté particulière de certains individus.

Enfin, la liberté n’est pas celle qui s’arrête où commence celle de l’autre mais celle que l’autre vous donne et qu’en échange vous lui donnez. La liberté ne peut s’entendre que dans la fraternité c’est à dire la reconnaissance de l’autre quel qu’il soit.

Concluons rapidement ! La situation politique actuelle, avec ce gouvernement au service de la finance et complice des grands groupes industriels, peut faire craindre à un affrontement civil. Le responsable de cette guerre civile serait bien le capitalisme en général, et ce gouvernement en particulier. Jusqu’à présent nul n’imagine cette possibilité, mais les signes paraissent évidents an regard des communautarismes religieux existants, des factions extrémistes de droite se dévoilant jour après jour, de l’abandon par l’État de sa neutralité politique et de son rôle de garant de l’équilibre social, enfin de la misère sans cesse accentuée, A tout prendre, une révolution serait plus salutaire, mais un espoir, une idée, ou un idéal ne semble pas faire débat dans le champ politique actuel !

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