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16 janvier, 2010

Vivement la guerre !

parterreverbal @ 11:14

La raison a perdu son sens et les sens ne sont plus ! Ce véritable paradoxe est un signe apparent mais en trompe-l’oeil. S’ils ne semblent plus tels que la philosophie les a décrits, et tels que les êtres humains devraient les ressentir, ces « outils » dont dispose l’homme ont été écrasés par le désir. Le désir est partout. Il est la marchandisation de la vie, il est l’objet, l’être en guerre face à l’autre et l’autre qui se voudrait l’autre, le moi évaporé dans l’autre moi, bref il est la mise en abîme de l’humain. Le spectacle dans le spectacle et l’être dans l’être. D’ailleurs il n’est pas un philosophe à la mode, tels Onfray, Comte-Sponville et d’autres tels de jeunes assoiffés d’honneur et de notoriété, qui ne se réclament pas de cette chapelle, quitte à détourner de leur sens les philosophes antiques ! Cette philosophie est à l’image de ce que notre société montre : le gras et l’informe. Il n’est pas sans équivoque ce besoin de désir, savamment distillé par cette caste de mauvais professeurs, car il arrive fort à propos dans ce siècle et le précédent où la barbarie n’a jamais été aussi poussée à l’extrême, où l’économie est synonyme de tous les désastres planétaires. N’empêche, il faut revendiquer ce signe, cette marque ! Alors qu’en fin de compte, nul ne voit plus rien dans ce qui peut apparaître comme encore de l’humain dans notre société ! 

Il est à peine nécessaire de montrer les contradictions et les douleurs qui apparaissent dans ce constat, cet état des lieux, cette réduction de la personnalité humaine. On pourrait croire que ce qui concerne l’occidental, le repus de la société de consommation, n’est pas ce qui entrave l’Africain, l’Asiatique ou le Pygmée ! Et pourtant il suffit de regarder la misère, non par le prisme de la télévision, mais à travers la faim, la souffrance, l’esclavage qui envahissent ces sociétés, ces parcelles encore imberbes du pas du capitaliste, il n’y a pas si longtemps, pour voir que nul n’est désormais épargné. On a parlé d’abondance, de développement, de partage mais force est de constater que rien de tout cela n’a cours aujourd’hui ! Certes l’abondance est là mais de quelle abondance parle-t-on ? Effectivement, sur les marchés, dans les hangars, sur les bateaux, des tonnes et des tonnes de produits sont vendus, mais quelles en sont les conséquences ? La famine perdure, la pollution s’accroît, la misère demeure ! Cette abondance n’est donc que factice puisque beaucoup de choses produites sont non seulement superflues mais encore aucune ne se distingue l’une de l’autre. Seul l’imbécile omnivore y croit ! Mais si l’on veut convenir que cette abondance, réelle dans le nombre, et finalement permettant à quelques peuples d’être satisfaits à volonté, d’autres peuples ne peuvent se l’offrir et accéder à ces marchés. A ce stade, les classes moyennes des états les plus riches et ceux qui les détiennent en servage, profitent de cette abondance, de ce trop-plein. Mais qu’en est-il de cette abondance, de son influence sur la vie de ces classes ? Un bienfait, un épanouissement, une plénitude ? Rien de tout cela. Car pour profiter de cette marchandise, ils doivent d’abord souffrir, s’arc-bouter sur leur travail, sur leurs acquis qui sont aujourd’hui comme une eau filant dans la rigole. Leur trottoir sera bientôt sec. Et ces servantes que sont les classes moyennes voient venir de partout, du monde entier, des gens de tous horizons, de l’est, de l’ouest, du sud ! Ces gens viennent car la misère est déjà chez eux et ce n’est pas au soleil qu’elle est moins dure à supporter, mais partout ! La rivalité est bien réelle même si cette abondance n’est que superficielle, qu’elle ne donne rien de mieux qu’un confort fessier autrement possible sans ces contraintes. Rivalité aussi entretenue par le pouvoir qui se garde bien de se dénoncer en tant que coupable, responsable de la servitude dans laquelle on se trouve. En effet, ce n’est pas par complaisance que l’homme social est en servitude. Il l’est car il n’a pas les moyens physiques, intellectuels d’être plus que ce qu’il n’est. Son environnement joue parfois le contre-rôle d’amortisseur, de souplesse psychique. Il se courbe, ne cède pas face à ces hommes qui ont eu les capacités de ruse, de force, de manipulation pour le maintenir en servitude. Combattre cette servitude est se combattre soi-même, mais rien n’est fait pour cela, ni souhaité par les meneurs de bandes politiques ! L’apathie des citoyens peut donc durer tant qu’ils auront encore des denrées dans leur congélateur et tant qu’ils continueront bravement et sagement de prendre les mêmes vieilles vessies de plusieurs siècles pour des lampes allogènes.

Quant au développement, on sait également ce qu’il en est. Des pays en voie de développement, certains le sont toujours, d’autres ont renoncé ou on les a forcés à renoncer. Mais quels sont ceux qui ont acquis pour leur population le bien-être espéré ? Aucun, puisque tout ceci ne reste, ne demeure qu’une virtualité. L’Afrique est certainement le continent qui est le plus maintenu en état d’esclavage économique. On dira que la colonisation apporta paix, développement, stabilité etc. Certes des exemples existent, mais pour quelle image actuelle ? Le bien-fondé de cette colonisation ne fut-il pas pire que le mal, c’est-à-dire n’aurait-il pas mieux valu laisser prospérer ces peuples par eux-mêmes ? Ou les laisser vivre selon leur volonté ? Même s’il faut penser les circonstances de l’époque, ne seraient-elles pas identiques, voire pires, qu’à celles d’aujourd’hui !? Quant aux autres continents, l’Inde ou
la Chine, quel tribut doivent-ils payer pour se développer ? A quel prix humanitaire ? La misère s’est étendue davantage sur leurs territoires, la pollution n’a fait que croître, la démocratie a été bafouée quand elle n’est pas sous l’emprise de quelques familles. N’oublions pas non plus la mafia et les trafics en tous genres qui sont à eux seuls toute une économie, et toutes les collusions existantes avec les politiques, industriels et financiers ! Les moyens pour lutter contre la prostitution, la drogue ne sont que la face cachée de la société de consommation, l’une vit avec l’autre, l’autre vit de l’une ! Enfin quand on parle de partage, que peut-on partager lorsque la misère est présente ? Cette misère peut être et est, dois-je dire, économique, intellectuelle, alimentaire. Elle est entretenue par tous les moyens, car la réduire serait contraire à la loi du profit, qu’ils soient légaux (caméras, vidéo, lois…) ou malhonnêtes (provocation, chantage, assassinat, emprisonnement…). 

De tous les éléments positifs dont disposait l’humanité, ne serait-ce qu’il y a deux siècles, que demeure-t-il aujourd’hui ? Rien. L’intellectualisme n’est pas mort, comme ne sont pas mortes les utopies. Il demeure des intellectuels courageux, intègres, sincères, lucides, comme des pensées à explorer, à exploiter, à saisir, à concrétiser. Une infime partie de l’humanité asservit l’autre et cela dure depuis plusieurs siècles. Aucune émancipation n’a eu lieu, rien n’a été modifié au fil du temps, amélioré, policé, anobli. Quand on parle de progrès, il faut déterminer le progrès dont on parle. Est-ce un point positif de vivre jusqu’à cent ans si l’on sait que demain les générations futures périront de et par ce progrès ?! S’il se situe dans la technique, qu’elle soit industrielle ou individuelle, et si effectivement le travail à charrue à disparu et que la peste n’est plus un fléau (mais ne peut-elle pas renaître ?), il existe une contre-partie pour le moins dangereuse : les pesticides ont pollué toutes les nappes phréatiques, et de nouvelles maladies, tel le SIDA, sont apparues. Alors ne serait-il pas permis de relativiser et de parler du progrès mais en le qualifiant de notions humaines (épanouissement, respectabilité, liberté etc.) Cela est-il le cas ? On discerne mieux aujourd’hui ce qui compose l’homme, on avance dans sa complexité biologique, psychique, on reconnaît ses contradictions, ses égarements. Sociologiquement, médicalement, psychologiquement, peu de choses échappent à l’oeil des « experts » ! Nous sommes parvenus à un tel degré de compréhension de la nature que malgré cela les agissements de l’homme nous échappent comme si quelque chose en lui l’hypnotisait, mais que ce quelque chose était suffisamment diffus et complexe pour esquiver toute prise sur lui ! 

La raison a donc perdu son sens, parce que, si l’homme a le courage de la machine il est peut être plus résistant qu’elle, et son cerveau, malheureusement, force est de le constater, ne lui est d’aucune utilité quand il s’agit de lui-même. L’homme a peur de lui et ses vertus de courage, de partage, de lucidité perdent toute leur efficacité quand il doit se mettre en branle, je veux dire quand il doit faire face à la vie. Mais ceux qui détiennent le pouvoir se chargent de sa faiblesse, l’endosse au besoin, mais pour mieux abuser de ce bipède. Que lui faut-il donc à ce dernier pour retrouver sa raison et ses sens ? Le retour à la nature est une solution, mais a-t-il les moyens intellectuels pour faire ce saut dans ce futur inconnu ? IlDe même ne briguera-t-il pas une place où il sait devoir renoncer à être le mouton de lui-même et des autres. Toute autre solution pacifique est-elle d’une trop grande rigueur pour son esprit ?! A moins que, pour qu’il retrouve toute sa conscience, devons-nous crier « Vive la guerre » ? 

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